Nathalie Tacheau

« Quand je travaille, je ne pense pas à ce que je vais dessiner à l’avance. Ce sont des choses qui vont se déclencher à partir de toute une collecte d’images que j’ai, que j’étale et que j’associe. Ces images vont à un moment donné prendre forme et s’écrire sur la feuille. On pourrait rapprocher ça, un peu, du travail des surréalistes dans le cadavre exquis. »
Nathalie Tacheau

Nathalie s’inspire de photos qu’elle collecte et qui ne lui appartiennent pas forcément, qui à la fois ont ce coté familier et inquiétant.

Comment ne pas penser à « Das Unheimiche » de Freud traduit en français par « L’inquiétante étrangeté » par Marie Bonaparte en 1933 ou plus récemment « L’étrange familier » par François Roustang.

Dans les œuvres de Nathalie, je vois apparaître les fantômes de notre propre histoire qui viennent régulièrement nous hanter. Ce qui a été refoulé mais qui revient sans être invité. Un fantôme psychique créé à partir d’un secret, d’un non-dit et qui ne portera jamais de nom. Un secret porté dans la tombe qui se murmure aux enfants restés vivants. Dans les dessins de Nathalie, un même personnage revient avec une même forme, dans différents univers. On le retrouve dans une forêt, sur une branche. On entend le chant des oiseaux et le brame d’un cerf. On tente de le suivre comme dans un rêve. Un rêve qui se répète chaque nuit dont il ne reste que des bribes : un sentiment fort mais dont le scénario reste flou.

Ségolène Brossette