Christine Mathieu

Christine Mathieu, l'onirisme japonais

Christine Mathieu tisse chaque jour de sa vie des liens qu’elle définit comme “sincères et ardents“ avec le graphisme, le dessin, la sculpture, et la photographie.

« La sincérité est un don comme un autre. N’est pas sincère qui veut. »
Julien Green

Fervente lectrice, cette ancienne élève des Arts Décos, se nourrit de littérature presque exclusivement étrangère.

“J’aime la troublante sensibilité et l’onirisme sensuel d’auteurs japonais comme Kawabata ou Yoko Ogawa. Ils me donnent le courage de me livrer sans détour dans mon travail et de confronter ma sensibilité au regard des autres“.

Inlassablement, dans le huis clos de son atelier Christine Mathieu crée ses photographies qui ont l’élégance d’un montage onirique.

Elle les décline comme les lignes d’un poème sans fin.
 Ses montages, sont impeccablement réalisées. L’artiste utilise ses matériaux de prédilection ; perles, épingles, fil, feutre, laine, rubans…). La précision suggestive des cadrages, la tactilité des rendus, la subtilité des enjeux mis visuellement en scène, font que 
la somptuosité des images aussi frappe l’imagination. Dans ses « précieuses manipulations » Christine Mathieu s’emploie à débusquer l’étrange derrière la réalité.

Partielles ou sélectives, ses images renvoient aussi à des univers de femmes dont rien de ce qui les féminise symboliquement n’est minoré ou dissimulé. Ses photographies sont le vecteur
 de ses émotions, sentiments ambivalents ou dérangeants.

“ Dans ce monde de bruits et de tumultes médiatiques, je milite pour le silence, la poésie et les frémissements de l’âme. J’ai perçu dès mon enfance passée, libre et solitaire, dans un village de montagne, la nature sacrée des liens qui me relient au monde. 
Je cherche à travers mon travail à reconstituer l’intégrité de l’être, altérée par des façons extrêmes de le représenter et de l’expliquer aujourd’hui. “

Les images de Christine Mathieu fusionnent le rêve et la réalité, le conscient et l’inconscient, révélant la consistance d’une œuvre prolifique jusqu’à l’obsession.